Jeudi de 12h30 à 13h45
Local: DS 3305 ( au centre des femmes)
Amenez vos idées et votre bonne humeur
Venez rencontrer votre nouvel exécutif et bien sûre, les membresses!
Association d'étudiantes de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) qui s'est donné pour mission d'offrir un lieu d'écoute et de référence, ainsi qu'une plate-forme d'organisation pour sensibiliser la population uqamienne aux réalités multiples de la condition des femmes.
Nos coordonnées: 514.987.3000 p.8940 - Au pavillon J.A.-DeSève, local DS-3305
centredesfemmes[a]uqam.ca
De plus vous pouvez signer une pétition sur leur site web:
http://www.afeas.qc.ca/
Brutalité policière et arrestation lors d'une manif pour la Journée Internationale des Femmes!
Le soir du 8 mars 2007, des agents du Service de Police de la Ville de Montréal ont brutalisé des personnes et procédé à une arrestation à la fin d'une manifestation pour la Journée Internationale des Femmes. Celle-ci était organisée par la Coalition des Femmes de Diverses Origines qui en organise depuis le 8 mars 2002.
Les premières personnes arrivées sur les lieux se sont rassemblées à l'édicule du métro Berri-UQAM, et se sont fait approchées par deux policiers, qui leur ont demandé si elles étaient venues pour la manifestation commémorant la Journée internationale des femmes et les ont « invitées » à aller dehors. À ce moment-là, il y avait une quinzaine de voitures de police se trouvaient à proximité des lieux et à la vue de tous et toutes. Le superviseur du poste 21 était stationné sur le trottoir dans l'auto-patrouille 21-86 et une dizaine d'autos de l'intervention (portant le numéro 72) étaient stationnées sur Berri juste à l'Ouest du Carré Berri.
Ensuite, le même duo policier est descendu à l'intérieur du métro Berri-UQAM pour se diriger près des tourniquets. Ces deux policiers approchaient toute personne qui semblait correspondre au profil d'unE manifestantE, en leur demandant s'ils et elles étaient bel et bien des manifestantEs. Une fois qu'ils avaient établis qu'ils et elles en étaient, les policiers leur disaient qu'il n'y avait que « quatre personnes » dans l'édicule, dans le but évident de les décourager de se rendre à la manifestation et de les inciter à rebrousser chemin. Le ton était donné!
Les manifestantEs sont sorties du métro et après le premier discours, le superviseur du 21 a déclaré avec le mégaphone de son véhicule que la manifestation devait obligatoirement passer par la rue De Maisonneuve sans quoi la police n'allait pas nous laisser manifester. La manif est quand-même partie sur Ste-Catherine vers l'Ouest.
RenduEs au Square Philips, au coin Ste-Catherine et Union, les manifestantEs se sont arrêtéEs et ont écouté des discours sur les luttes des femmes ici et partout dans le monde. Le superviseur du 21 a déclaré que la manifestation devait obligatoirement se terminer au Carré Philips. Une douzaine d'agents ont alors débarqué de leurs véhicules matraques à la main et ont formé une ligne bloquant la rue Ste-Catherine vers l'Ouest. Une policière dans une auto-patrouille marquée « circulation » leur a dit: « Awaye, rentrez-leur dedans! » La plupart de ces agentEs étaient arrogantEs, ne portaient pas leur badge et ont refusé de s'identifier alors qu'ils et elles sont supposéEs être poliEs, porter une marque d'identité visible et s'identifier sur demande selon leur Code de Déontologie Policière.
La manifestation est ensuite repartie vers l'Est sur Ste-Catherine, vers le Carré Berri. Au Carré Philips, un agent parlant au téléphone cellulaire a dit au superviseur qu'il fallait regarder dans l'ordinateur si un individu avait un bris de probation. Pendant que la manifestation se dirigeait sur St-Catherine en direction Est vers le Metro Berri-UQAM, deux agentEs en uniforme suivaient la marche de chaque côté du trottoir tout en surveillant Jaggi Singh de près...
Rendus entre les rues Clark et St-Laurent, un policier a déclaré dans le mégaphone de son auto-patrouille que les manifestantEs devaient maintenant marcher sur le trottoir. Une partie des manifestantEs, dont Jaggi, ont alors pris le trottoir. Une autre partie des manifestantEs ont continué sur la rue, bien qu'il restait moins de monde qu'au Square Philips.
Lorsque la manifestation est arrivée entre Sanguinet et St-Denis, une dizaine d'agents sont arrivés en courant du Nord sur Sanguinet puis sur le trottoir Nord de Ste-Catherine au coin St-Denis. Un policier a dit: « Yé rendu où criss!? » Un autre agent arrivant de l'Est a reconnu Jaggi qui marchait tranquillement sur le trottoir et l'a dit aux autres. Un agent non-identifié car il ne portait pas son badge a dans sa course sauté avec élan pour plaquer une manifestante à terre, il s’est donc retrouvé sur elle après l’avoir projetée. Le même agent s’est alors retourné vers une manifestante marchant sur le trottoir en arrière et lui a asséné au moins trois coups dont un au plexus et un au visage, la laissant la bouche ensanglantée. Au même moment un autre agent nommé DOYON a donné au moins un coup de matraque à une autre manifestante dans la cage thoracique et il l’a aussi projeté au sol. Ils ont ensuite entouré et arrêté Jaggi. Deux agents, dont l'un tenait une matraque rétractable en main, ont aussi poussé un manifestant contre une voiture stationnée et tenté de l'intimider en lui disant « Pis?! T'es moins fier quand t'es tout seul, hein?! » La plupart des policiers ne portaient pas leur badge et avaient leurs matraques en main et une attitude méprisante envers les manifestantEs. Ces agents étaient du poste 21 et probablement aussi de l'intervention.
Suite à l'arrestation et aux actes de brutalité commis par des agentEs contre une manifestation paisible dont le but était de dénoncer la violence et les abus dont sont victimes les femmes partout dans le monde, des manifestantEs sont rentrés dans l'UQAM alors que des Gardas (sécurité privée) s'apprêtaient à barrer les portes. Environ huit policiers sont restés dans l'entrée de l'UQAM par la suite. Un peu plus tard, un policier a été vu à l’intérieur de l’UQAM accompagné d’un agent de la Garda.
Jaggi a été accusé de bris de condition pour sa dernière arrestation en novembre juste avant un discours de Harper à l’Hôpital Général. Il avait été libéré avec des conditions, dont celle de ne participer à aucune manifestation "non paisible et non légale" ou de quitter une manif qui serait devenue non paisible et illégale. Il est présentement détenu et a comparu le lendemain après-midi (le vendredi 9 Mars) devant une juge de la Cour Municipale. Malchance, la procureure de la Couronne était Maître Cloutier, la même que lors du procès pour la manifestation contre le G-20 d’octobre 2000, dont Jaggi est un accusé se représentant seul et dont la cause est actuellement en appel à la Cour Supérieure du Québec. Cloutier a prétendu que Jaggi avait brisé ses conditions, qu'il est un récidiviste et que c'est dans "l'intérêt public" de ne pas le remettre en liberté car sinon le public perdrait confiance dans le système judiciaire, ce qui a été approuvé par la juge. Il est donc présentement détenu à la prison de Rivière-Des-Prairies.
Jaggi a déjà été arrêté plus de dix fois et a passé plusieurs fois du temps derrière les barreaux, dont 17 jours après le Sommet des Amériques en 2001, mais à date il n'a jamais été reconnu coupable d'aucun crime et il fait donc tout le temps de la détention préventive. Le système judiciaire ne pouvant légalement le condamner à une peine de prison, les abus de pouvoir de la police et de la Couronne le ciblent de façon discriminatoire et harcelante. Nous vous invitons à le soutenir et à exiger sa libération inconditionnelle et immédiate!
Le COBP dénonce un cas de plus de brutalité policière et de répression politique qui survient une semaine à peine avant la 11ieme Journée Internationale Contre la Brutalité Policière, 15 mars 2007, où vous êtes tous et toutes invitées à manifester à 17h au métro Snowdon.

Note sur la non-mixité du Centre des Femmes de l’UQAM
Par Anaïs Bertrand-Dansereau et Tanya Déry-Obin
Le Centre des Femmes de l’UQAM (CDF) est un groupe non-mixte, c’est-à-dire que seules les femmes peuvent siéger à l’exécutif, assister aux réunions régulières ainsi qu’effectuer des permanences. Par contre, les hommes sont les bienvenus s’ils désirent contribuer à la réalisation d’activités par des tâches d’exécution.
La non-mixité est un concept intrinsèquement lié au mouvement des femmes, depuis ses débuts au 19e siècle. En expérimentant avec la prise de parole et la gestion de groupes organisés, certains groupes préférèrent des assemblées composées uniquement de femmes. Ainsi, elles ne s’en remettaient pas au traditionnel leadership masculin et se sentaient plus à l’aise de prendre la parole. Ces raisons demeurent toujours valables aujourd’hui.
L’oppression exercée par les hommes sur les femmes ne découle pas de volontés individuelles; il ne s’agit pas de dire que chaque homme se lève le matin avec le désir d’opprimer sa conjointe, sa collègue de travail, sa mère ou sa sœur. La source de la domination systématique des femmes par les hommes se trouve dans le patriarcat, le système sociétal d’oppression dans lequel tous les êtres humains sont socialisés. Ce système apprend aux hommes des rôles de domination multiforme, de compétition, de rationalité, de détachement émotif, etc. Aux femmes, on inculque des rôles de soumission, de dépendance et d’émotivité, tel que le note Simone de Beauvoir :
Et en vérité il suffit de se promener les yeux ouverts pour constater que l’humanité se partage en deux catégories d’individus dont les vêtements, le visage, le corps, les sourires, la démarche, les intérêts, les occupations sont manifestement différents : peut-être ces différences sont-elles superficielles, peut-être sont-elles destinées à destinées à disparaître. Ce qui est certain c’est que pour l’instant elles existent avec une éclatante évidence. [i]
Si nous considérons que les hommes et les femmes ont des capacités, des ressources et des talents totalement égaux, nous sommes également conscientes que le système qui nous a tous et toutes socialisé(e)s a créé deux catégories d’individus. Les hommes et les femmes, dans la perspective féministe radicale, doivent être compris avant tout comme des classes sociales, et non pas comme des individus en interaction dans un contexte particulier. De ces classes, l’une est opprimée par l’autre de manière systémique; sa dignité en tant qu’être humain est bafouée par de multiples façons, subtiles ou graves, telle que de la violence physique, psychologique, symbolique, sexuelle et légale, la valeur de son travail, de ses qualités et ressources est ignorée. Nous sommes conscientes que l’administration des Services à la vie étudiante n’est pas nécessairement d’accord avec cette prémisse théorique. Toutefois, cette prémisse est à la base de l’analyse féministe et des actions du mouvement des femmes depuis plusieurs décennies, appuyée par une production scientifique considérable. La sociologue Christine Delphy, une des premières à définir le patriarcat, donne ainsi comme base à son travail :
Avec la deuxième vague du mouvement féministe du 20e siècle [je l’] appelle l’oppression des femmes et la question du patriarcat. L’oppression étant la situation des gens opprimés, les femmes étant le nom que l’on donne à ces opprimés-là, et le patriarcat étant le système socio-politique qui organise tout cela. [ii]
Quant à Colette Guillaumin, elle insiste sur deux facettes de l’oppression des femmes par les hommes, un effet idéologique qui vise à légitimer l’effet matériel, qui est le rapport de pouvoir entre les sexes, et donc une appropriation de l’autre :
Dans la première partie, l’appropriation des femmes, on verra l’appropriation concrète, la réduction des femmes à l’état d’objet matériel. Dans une seconde partie, le discours de la Nature, on verra la forme idéologique que prend ce rapport, c’est-à-dire l’affirmation que les femmes sont «plus naturelles» que les hommes. [iii]
Puisque la théorie féministe esquissée ici guide nos actions et notre réflexion, qu’elle est documentée et mise en pratique depuis plus d’un siècle, nous vous demandons de la considérer sérieusement. C’est effectivement elle qui nous pousse à nous impliquer afin de faire avancer la condition de toutes les femmes.
L’une des conséquences frappante du patriarcat est que ce sont majoritairement les hommes qui occupent les positions de leadership et de pouvoir dans toutes les sphères de la vie publique. Même dans un OBLN de dimension modeste comme le CDF-UQÀM, siéger à l’exécutif comprend certains pouvoirs et un certain prestige, qui se reconnaît à l’importance qui est accordée à l’implication communautaire lors de l’application pour un emploi ou une bourse d’excellence. Si ce ne sont pas de bonnes raisons pour poser sa candidature à un poste d’exécutif d’un OBLN, il reste tout de même qu’il s’agit d’une reconnaissance qui n’est pas souvent accordé au travail des femmes et il est inutile de nier sa valeur. Une recherche au sujet de la participation politique chez les jeunes femmes au niveau partisan et communautaire conclue :
À une époque où les jeunes femmes ont pris leur place sur les bancs d’école et s’investissent de plus en plus dans des emplois traditionnellement masculins, il leur reste tout de même du chemin à faire pour prendre leur place dans les lieux de pouvoir. En effet, au regard du nombre elles sont souvent minoritaires dans les groupes mixtes et leurs propos démontrent aussi cette hésitation des femmes à «prendre le micro» pour faire passer leurs idées. [iv]
Le CDF a comme objectif de contrer cette tendance et de permettre aux étudiantes de développer leur propre leadership, d’accroître leur confiance en elles et de leur donner les outils nécessaires pour prendre la parole lorsqu’elles auront à le faire en groupe mixte. Il est également certain que la socialisation dont il a été question plus haut a un impact direct en vie de groupe. Dans son étude Influence du statut et du genre sur l’utilisation des interruptions verbales : importance du contexte d’interaction, Nadine Murard remarque :
Or, les hommes et les femmes diffèrent en ce qui concerne de nombreux comportements verbaux et non-verbaux (Hall, 1984) et l’utilisation des comportements de dominance est prépondérante chez les hommes. De plus, les personnes dominantes utilisent des comportements différents des personnes non-dominantes […] les femmes ont tendance à poser des questions, acquiescer, encourager le discours de l’interlocuteur, alors que les hommes effectuent en général des interventions longues et dérobent le tour de parole de l’interlocutrice – comportements plus dominants. [v]
Le CDF-UQÀM ne pourrait plus répondre à son objectif dans un contexte mixte où les étudiantes seraient constamment sous l’oppression et les habitudes de pouvoir de leurs collègues masculins. La non-mixité permet des discussions plus libres où plus de femmes prennent la parole. Lorsqu’un homme se trouve dans la pièce, les femmes présentes ont systématiquement tendance à moins s’exprimer et à éviter certains sujets. Le CDF-UQÀM se veut un lieu de développement du leadership des étudiantes, au sein duquel elles apprennent à prendre la parole, à participer à la vie d’un groupe et à réaliser des activités de sensibilisation. Le fait d’être dans un groupe non-mixte contribue grandement à cet objectif. Il existe bien des relations de pouvoir d’autres ordres que par rapport au sexe (d’âge, de race, de classe, etc.) mais la domination sexiste est évacuée, et il devient plus aisé de travailler à l’idéal féministe de non-hiérarchie.
Toutes ces considérations théoriques et pratiques sont comprises par certains hommes, qui, tout en faisant partie de la classe des oppresseurs, agissent en conséquence de cette idée et ne cherchent pas à assumer le leadership de groupes qui se dédient à défendre la cause des femmes. C’est pourquoi des hommes nous aident de manière bénévole, des amis et des conjoints, des relations personnelles des membresses qui sont heureux de donner un coup de main sans chercher à être membre, même lorsqu’ils sont étudiants à l’UQÀM. Nous n’avons donc à soutenir notre non-mixité uniquement sur papier puisque depuis l’automne 2003, lorsque les membresses actuelles les plus anciennes se sont jointes au CDF-UQÀM, nous n’avons jamais eu à considérer la demande d’un homme souhaitant sincèrement se joindre au CDF. Les hommes qui en font la demande le font généralement dans une tentative de séduction, de provoquer une conversation ou par esprit de confrontation.
Finalement, et ce qui semble le plus important à nos yeux, est le fait que le CDF-UQÀM est un lieu de référence ouvert à toutes les femmes en situation de problème. Si certains problèmes ne sont pas liés à la domination masculine, la plupart le sont : agression par des étrangers, violence conjugale, agressions sexuelles par des professeurs, inquiétudes par rapport à la sexualité, à la grossesse ou aux alternatives menstruelles, exploitation sexuelle par un employeur, etc. Il est absolument inacceptable qu’une femme victime de violence masculine, qui a le courage de sortir de sa situation en s’adressant au Centre des Femmes, se trouve nez à nez avec un homme. La présence d’hommes lors des permanences et des réunions est par conséquent impossible si nous voulons remplir notre mission de support à toutes les femmes de l’UQÀM. Cette réalité, au-delà de toute considération idéologique, exige que le Centre des Femmes de l’UQÀM demeure non-mixte.
[i] Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, Tome 1, France, Gallimard, 1976, p. 13
[ii] Christine Delphy, L’ennemi principal, France, Éditions Syllepse, 1998, p.5
[iii] Colette Guillaumin, Pratique du pouvoir et idée de Nature : l’appropriation des femmes. «Questions féministes» no.2 p.8
[iv] Julie Jacques et Anne Quéniart Jeunes femmes, pouvoir et participation politique : quelques résultats d’une recherche qualitative, Montréal, Les cahiers de l’IREF, 2002, p.161